Dans des secteurs sensibles comme l’Aéronautique, le Nucléaire, les Life Sciences ou la Finance, la cybersécurité dépasse désormais la seule dimension technique : elle est devenue un enjeu de souveraineté, de performance et de confiance.
Les infrastructures critiques désignent l’ensemble des activités et systèmes indispensables au bon fonctionnement du pays. Leur défaillance aurait des conséquences lourdes, tant sur la société que sur l’économie.
Aujourd’hui, ces infrastructures ne sont plus seulement des cibles potentielles : elles sont attaquées en permanence, de façon continue et en intensité croissante.
Ces attaques s’appuient sur des campagnes sophistiquées mêlant espionnage, sabotage ou perturbation de la chaîne d’approvisionnement. Elles exploitent des failles 0-day, du phishing ciblé ou des mouvements latéraux discrets entre partenaires.
Leur objectif : s’implanter durablement dans les réseaux stratégiques, collecter des informations sensibles ou perturber la continuité des opérations.
Les conséquences ne se limitent plus à de simples incidents techniques : elles prennent désormais la forme de véritables crises, marquées par l’arrêt brutal d’infrastructures, la rupture de contrats stratégiques, des pertes financières considérables ou encore des sanctions réglementaires.
Dans certains cas, les perturbations peuvent atteindre une ampleur locale, voire nationale d’autant que les tensions géopolitiques actuelles amplifient encore la menace.
Quelques incidents récents illustrent l’ampleur de ces risques :
- France Travail (2024) : fuite massive de données concernant plus de 43 millions de personnes
- Viamedis & Almerys (2024) : 33 millions d’assurés impactés après une compromission de systèmes de tiers payant
- Collins Aerospace (2025) : cyberattaque sur un logiciel de check-in ayant paralysé une partie du trafic aérien
- Fortum (2025) : acteur énergétique européen confronté à des attaques quotidiennes, mêlant intrusion cyber et tentatives physiques
Dans un contexte de menaces accrues, de chaînes d’approvisionnement interconnectées et de réglementation renforcée, la cybersécurité s’impose comme un levier essentiel de résilience, de performance et de confiance.
Cet article propose une analyse des vulnérabilités propres aux secteurs sensibles et des stratégies de protection adaptées à leurs contraintes techniques, opérationnelles et réglementaires.
Pour l’illustrer, nous nous concentrerons sur quatre filières à forts enjeux : l’Aéronautique, le Nucléaire, les Life Sciences et la Finance.
État des lieux des vulnérabilités cyber dans les secteurs sensibles
Si la menace est globale, elle se manifeste différemment selon les secteurs.
Chaque filière combine des architectures techniques, des contraintes opérationnelles et des cadres réglementaires spécifiques, qui déterminent son exposition au risque.
Comprendre ces particularités est essentiel pour concevoir des stratégies de protection réellement adaptées au contexte métier.
Aéronautique : la cybersécurité au cœur des enjeux de souveraineté
+600 % : c’est l’augmentation des attaques par ransomware enregistrée dans le secteur aéronautique de 2024 à 2025. (source : Thales, Cyber Threat Intelligence Report)
Un chiffre révélateur d’une réalité : la filière aéronautique et défense est devenue l’une des plus ciblées par les cyberattaques.
Les attaques peuvent toucher l’ensemble de la chaîne de valeur : constructeurs, compagnies aériennes, aéroports, équipementiers et sous-traitants… Dans un environnement où la collaboration et les échanges techniques sont constants, la faille d’un seul acteur peut fragiliser tout un écosystème.
Des menaces multiples dans un écosystème interconnecté
Les menaces les plus fréquentes sont les ransomwares et les attaques DDoS, qui représentent plus de 85 % des incidents recensés au sein du secteur de l’aéronautique et de la défense. (Source : Hub One, 2024).
Elles exploitent aussi bien des failles techniques tels que des protocoles insuffisamment protégés, logiciels obsolètes, défauts cloud ou CI/CD que des vulnérabilités humaines, via le phishing ou la compromission d’un sous-traitant.
L’incident survenu chez Collins Aerospace en 2025 en est une parfaite illustration : une attaque sur un logiciel de check-in a suffi à perturber une partie du trafic aérien, démontrant combien la dépendance à des systèmes interconnectés rend la chaîne opérationnelle vulnérable.
Les logiciels embarqués et les systèmes critiques de l’aéronautique ont par ailleurs des cycles de vie très longs. Leur mise à jour, soumise à des validations complexes, retarde souvent l’application des correctifs et prolonge ainsi l’exposition aux menaces.
La supply chain constitue également un point de fragilité majeur.
En effet, l’écosystème s’appuie sur un réseau dense de partenaires et sous-traitants, de tailles et de niveaux de maturité très différents. Cette interdépendance crée un véritable effet domino : la faille d’un seul prestataire peut compromettre l’ensemble de la chaîne.
La maîtrise de ce risque passe par une politique de cybersécurité partagée, coordonnée entre tous les acteurs et intégrée dès la conception des projets.
Protéger les données sensibles et garantir la conformité
Les campagnes d’espionnage industriel ou étatique ciblent particulièrement les technologies sensibles et les programmes de défense.
Les échanges d’informations entre États et industriels européens, dans le cadre de programmes communs ou d’opérations sous bannière OTAN, exigent des connexions multiples et des partages de données classifiées. Cette interconnexion multiplie aussi les vecteurs d’attaque potentiels et complexifie la maîtrise des flux d’information.
L’incident de 2024 sur le programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) en est un exemple marquant : plusieurs partenaires européens ont été visés par des tentatives d’intrusion attribuées à des groupes soutenus par des États étrangers, cherchant à accéder à des données critiques sur les architectures d’avion de combat.
En France, la filière est encadrée par un corpus réglementaire strict notamment avec l’IGI 1300 pour la protection du Secret et Très Secret Défense. Ces exigences garantissent un haut niveau de protection, mais alourdissent parfois les processus internes et ralentissent les projets industriels.
Le véritable défi consiste à trouver l’équilibre entre conformité, performance opérationnelle et réactivité face à la menace.
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Nucléaire : renforcer la sécurité et la continuité d’activité
Le secteur nucléaire incarne pleinement les enjeux de souveraineté et de continuité nationale.
Une cyberattaque sur une centrale ou sur un groupe majeur ne mettrait pas seulement en péril une entreprise, mais pourrait menacer la sécurité du pays tout entier.
Ces industries pilotent des infrastructures critiques dont la moindre défaillance peut avoir des conséquences économiques, environnementales ou humaines majeures.
La cybersécurité s’impose désormais comme un pilier stratégique, au même titre que la sûreté industrielle ou la maintenance des équipements.
La transformation numérique, un nouveau terrain d’exposition
Longtemps centrée sur la sûreté industrielle, la filière vit aujourd’hui une transformation numérique profonde.
L’automatisation, la supervision à distance et les capteurs connectés (IoT, SCADA, systèmes de contrôle-commande) améliorent la performance et la réactivité, mais chaque nouvelle connexion élargit la surface d’attaque.
Les groupes APT soutenus par des États cherchent à s’implanter durablement dans les réseaux critiques. Ces attaques, discrètes et persistantes, exploitent la convergence entre systèmes IT et OT : une compromission bureautique peut désormais affecter directement les opérations industrielles.
L’exemple de Stuxnet (2010) reste emblématique : un code malveillant avait saboté les centrifugeuses du programme nucléaire iranien tout en masquant ses effets aux opérateurs. Si ce type d’attaque demeure rare, il a ouvert la voie à une nouvelle génération de menaces ciblant les systèmes de contrôle industriel.
Sécuriser des systèmes critiques sous fortes contraintes
Les systèmes industriels du nucléaire souvent anciens et en fonctionnement continu, ne peuvent être interrompus pour appliquer des correctifs. Cette contrainte complique la mise à jour des environnements critiques et prolonge leur exposition aux vulnérabilités. Les acteurs doivent ainsi concilier disponibilité permanente et sécurité renforcée.
Placées sous la supervision de l’ANSSI et du cadre européen NIS2, ces infrastructures sont soumises à des exigences strictes de sécurité et de continuité, qui s’étendent désormais à la chaîne d’approvisionnement.
L’enjeu majeur : protéger les infrastructures tout en garantissant la continuité d’activité dans un environnement critique et hautement sensible.
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Life Sciences : protéger les données et garantir la conformité
Portée depuis toujours par l’innovation scientifique, la filière des Life Sciences doit désormais intégrer un nouvel enjeu majeur : la sécurité numérique.
Santé, pharma, biotech, recherche… tous les acteurs sont concernés par une transformation technologique rapide, qui accroît mécaniquement la surface d’exposition aux risques cyber.
La généralisation des plateformes cloud, des essais cliniques connectés et des équipements médicaux intelligents transforme les laboratoires et hôpitaux en cibles privilégiées pour les cyberattaques.
Des données hautement sensibles au cœur des convoitises
La donnée est désormais au cœur de la valeur du secteur : résultats d’essais cliniques, données provenant des patients ou recherche pharmaceutique.
Toute compromission peut avoir des effets humains, économiques et réputationnels majeurs : interruption d’essais ou de soins, perte de données, atteinte à la réputation, voire espionnage industriel sur des innovations stratégiques.
Les ransomwares et les fuites de données se multiplient, tandis que la hausse du nombre d’équipements médicaux connectés accentue encore la vulnérabilité du secteur.
L’exemple de Change Healthcare (2024) en est révélateur : une attaque par ransomware a paralysé les systèmes de facturation de milliers d’hôpitaux et provoqué la fuite de données de santé sensibles.
Un secteur sous forte contrainte réglementaire
La filière évolue sous une contrainte réglementaire forte : RGPD en Europe, exigences de la FDA aux États-Unis, obligations d’hébergement et de traçabilité accrues.
Les organisations doivent trouver le juste équilibre entre innovation, protection des données et conformité.
La moindre faille peut avoir de lourdes conséquences économiques ou juridiques.
Face à ces défis, le secteur doit placer la donnée au cœur de sa stratégie de sécurité, en protégeant chaque étape de son cycle de vie tout en préservant la confiance des patients et des partenaires.
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Finance : garantir la confiance et la stabilité du système
Pilier de l’économie mondiale, le secteur financier est, par nature, l’un des plus ciblés par les cyberattaques.
Ses infrastructures interconnectées à l’échelle internationale (paiements, bourses, assurances, fintechs) font qu’une faille chez un acteur peut rapidement se propager à l’ensemble du système.
La cybersécurité devient ainsi un impératif de stabilité économique et de confiance publique.
Des attaques ciblées dans un écosystème fondé sur la confiance
Les menaces les plus fréquentes combinent ransomwares, phishing ciblé et fraude au président, visant aussi bien les systèmes de paiement que les prestataires technologiques.
L’un des exemples les plus emblématiques de ce type de fraude reste celui de Gilbert Chikli, considéré comme l’un des pionniers de l’arnaque au président. Dès le milieu des années 2000, il se faisait passer pour un dirigeant d’entreprise afin d’obtenir frauduleusement des transferts de fonds importants.
Son mode opératoire : la manipulation psychologique et la création d’un climat d’urgence. Cela illustre parfaitement la manière dont la confiance et la crédulité humaines peuvent être exploitées à des fins financières.
Dans un secteur fondé sur la confiance, les erreurs humaines et les abus d’accès représentent une vulnérabilité constante.
Un risque systémique et une réglementation en renfort
Le système financier fonctionne en cascade : une attaque sur une grande institution, un opérateur boursier ou un fournisseur critique peut entraîner des effets en chaîne à l’échelle nationale ou mondiale.
Cette interdépendance impose une résilience collective et une coordination permanente entre les acteurs.
Entre le RGPD, la directive NIS2 et le règlement DORA, le cadre réglementaire se renforce. Ces exigences visent à consolider la stabilité du système tout en élevant le niveau global de préparation face aux crises cyber.
Dans un environnement aussi interconnecté, la sécurité repose avant tout sur la coopération et la vigilance partagée.
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Une tendance commune : la résilience collective comme impératif
Aéronautique, Nucléaire, Life Sciences ou Finance, les organisations partagent des vulnérabilités structurelles similaires :
- Des systèmes anciens et interconnectés
- Une forte dépendance à la supply chain
- Et une exposition croissante liée à la transformation numérique
Ces constats soulignent la nécessité d’une approche globale et intégrée de la cybersécurité, capable de concilier protection technique, conformité réglementaire et continuité opérationnelle.
La résilience ne peut plus reposer sur des initiatives isolées : elle exige une stratégie coordonnée entre les acteurs, les prestataires et les autorités de régulation.
C’est dans cette logique que s’inscrivent les stratégies présentées dans la partie suivante, centrées sur la défense en profondeur, la culture cyber et la préparation collective face aux crises.
Stratégies de protection adaptées aux enjeux critiques
Pour les acteurs des infrastructures critiques, l’objectif n’est plus d’éviter toute attaque, mais de garantir la continuité et la reprise rapide des opérations en cas d’incident.
La cybersécurité doit aujourd’hui s’inscrire dans une logique globale : prévenir les menaces, les détecter rapidement et en limiter les effets.
Une défense en profondeur pour limiter l’impact des attaques
La première étape consiste à mettre en place une approche multicouche, combinant prévention, détection et réaction.
- Prévention : segmenter les réseaux, limiter strictement les accès, durcir les configurations et appliquer sans délai les correctifs de sécurité.
- Détection : assurer une veille continue, s’appuyer sur des systèmes de supervision temps réel et des outils de détection comportementale, en interne ou via un SOC externalisé.
- Réaction : tester régulièrement les plans de réponse à incident, former les équipes à la gestion de crise et maintenir une coordination étroite avec les autorités nationales compétentes (ANSSI, CNIL, etc.).
Cette logique de défense vise à réduire l’impact d’une attaque et de garantir la reprise rapide des opérations.
→ Exemple récent : plusieurs industriels français ont récemment adopté une approche dite de Zero Trust Network Access (ZTNA), qui consiste à vérifier systématiquement l’identité et la légitimité de chaque utilisateur ou appareil avant d’autoriser un accès.
Cette stratégie, désormais encouragée par l’ANSSI, permet de réduire considérablement les risques de mouvements latéraux après une intrusion.
Évaluer et tester la résilience cyber
Comme évoqué précédemment, les environnements industriels fonctionnent en continu : impossible d’attendre la crise pour tester leur résistance.
La résilience repose sur une préparation concrète, mesurable et continue.
1. Analyser la maturité et identifier les priorités
Un audit cyber constitue la première étape. Il permet d’identifier les points critiques, d’évaluer la conformité aux standards (ISO 27001, NIS2…) et de mesurer le niveau de protection réel des actifs sensibles.
Cet état des lieux doit s’appuyer sur une cartographie précise des risques :
- Quels sont les actifs critiques à protéger ?
- Quelles menaces pèsent sur eux ?
- Quelles vulnérabilités peuvent être exploitées ?
- Quels impacts (financiers, opérationnels, réputationnels) en découleraient ?
Ce diagnostic fournit une vision claire pour prioriser les actions à forte valeur ajoutée.
L’objectif : concentrer les efforts sur les zones les plus sensibles et éviter les actions dispersées.
2. Planifier les investissements et les actions
L’évaluation de la maturité aide à situer l’organisation sur une trajectoire d’amélioration continue.
On distingue alors :
- Les quick wins : correctifs rapides, durcissement de configurations, sensibilisation ciblée
- Les actions structurantes : segmentation réseau, PRA/PCA, SOC, gouvernance cyber.
L’enjeu est de concentrer les moyens sur les risques ayant le plus d’impact pour l’activité, plutôt que de multiplier les initiatives dispersées.
3. Tester et renforcer la résilience
La mise à l’épreuve régulière des dispositifs de sécurité est essentielle pour transformer la préparation théorique en réflexe opérationnel.
Ces tests permettent de valider l’efficacité des mesures de protection, d’identifier les failles résiduelles et de renforcer la coordination entre les équipes.
Les exercices les plus efficaces incluent :
- Tests d’intrusion : simulations d’attaques techniques (exploitation de failles, phishing ciblé, attaques simulées) pour mesurer la robustesse des systèmes
- Exercices de gestion de crise : simulations impliquant DSI, direction et métiers pour évaluer la réactivité collective
- Simulations en conditions réelles, avec l’appui de prestataires spécialisés, pour tester la chaîne de réponse complète
- Vérification continue des PCA/PRA, afin d’assurer un redémarrage rapide des processus critiques.
→ Exemple concret : en septembre 2025, l’ANSSI, en partenariat avec le Campus Cyber, le CESIN, le CLUSIF et le CCA, a organisé REMPAR25, un exercice national de crise cyber d’une ampleur inédite.
Plus de 5 000 participants issus de 1 000 organisations publiques et privées ont été confrontés à un scénario extrême de blackout numérique.
L’objectif : tester la coordination entre acteurs, renforcer les plans de continuité et faire progresser la résilience collective face à une crise cyber nationale. (Source : communiqué de presse ANSSI, septembre 2025)
En combinant ces approches techniques et organisationnelles, les entreprises transforment la cybersécurité en compétence intégrée, ancrée dans leurs pratiques quotidiennes.
Sécuriser la chaîne de partenaires
La plupart des attaques récentes ont démontré que la faille ne se trouve pas toujours au cœur du système, mais souvent chez un fournisseur.
Dans des filières aussi interconnectées, la sécurité d’un acteur dépend de celle de ses partenaires.
La maîtrise de la supply chain passe par :
- Des audits réguliers et une évaluation de maturité cyber des prestataires
- Des clauses contractuelles exigeantes en matière de sécurité
- Un partage d’informations encadré et limité aux besoins essentiels
- Et des partenariats de confiance, fondés sur la transparence et la responsabilité
Face à la multiplication des attaques par rebond, plusieurs filières industrielles collaborent aujourd’hui avec l’ANSSI et leurs organisations professionnelles pour définir des référentiels communs et harmoniser les exigences de sécurité vis-à-vis des fournisseurs.
Ces démarches collectives permettent de mieux évaluer la maturité cyber des partenaires et de renforcer la confiance tout au long de la chaîne de valeur.
Aligner la gouvernance et la stratégie d’entreprise
La réussite d’une stratégie cyber repose sur une implication forte du management et une collaboration fluide entre les métiers, la direction et le RSSI.
Les enjeux cyber doivent être considérés comme des enjeux business à part entière : continuité, image, confiance, performance.
Cette gouvernance intégrée valorise la chaîne de confiance entre prestataires, fonctions support et métiers opérationnels, tout en ancrant la cybersécurité dans la stratégie globale de l’entreprise.
→ Exemple concret : Orange a intégré la cybersécurité à ses indicateurs de pilotage stratégique, au même titre que les performances financières et ESG. Cette approche, décrite dans son rapport intégré 2024, illustre comment un grand groupe peut faire de la sécurité un levier de gouvernance et de performance durable, piloté au plus haut niveau de l’organisation.
Développer une véritable culture cyber
Selon SentinelOne, près de 90 % des incidents cyber trouvent leur origine dans une erreur humaine ou un comportement imprudent.
Une simple erreur ou un manque d’attention peut déclencher une crise majeure. La technologie ne suffit donc pas : la sécurité repose avant tout sur la maturité collective.
Développer une culture cyber, c’est faire de chaque collaborateur un acteur conscient et responsable de la protection de l’organisation.
Les leviers clés pour ancrer la culture cyber :
- Formations adaptées aux métiers : proposer des modules courts et ciblés selon les profils (techniciens, administratifs, cadres, direction) pour relier la cybersécurité aux réalités du quotidien.
- Campagnes de phishing simulées et feedback immédiat : sensibiliser par l’expérimentation, en transformant chaque erreur en apprentissage.
- Communication régulière et pédagogique : diffuser des messages clairs, concrets et positifs pour maintenir la vigilance sans créer de peur.
- Intégration de la cybersécurité dans les rituels managériaux : inclure des points sécurité dans les réunions d’équipe, les processus d’onboarding et le reporting opérationnel.
- Implication visible du management : montrer l’exemple, valoriser les bonnes pratiques et inscrire la sécurité dans la culture d’entreprise.
Former, sensibiliser et impliquer les collaborateurs est un investissement à fort rendement : il renforce la confiance, réduit les risques et transforme la cybersécurité en réflexe partagé.
Une organisation cyber-résiliente repose autant sur ses technologies que sur la culture de la vigilance et la responsabilité collective de ses équipes.
Faire de la cybersécurité un processus continu
La cybersécurité n’est plus un projet à durée limitée : c’est un cycle permanent d’amélioration et d’adaptation.
Mettre en place un suivi régulier des progrès (indicateurs, incidents, formations, conformité) permet de garder le cap et d’ajuster les priorités au fil du temps.
La clé : combiner veille, retour d’expérience et réévaluation des risques pour maintenir un haut niveau de protection face à des menaces en constante évolution.
Enfin, la sécurité technique doit être soutenue par une gouvernance solide et par l’engagement de toutes les parties prenantes.
En intégrant la cybersécurité dans la stratégie, la culture et la gouvernance, les organisations transforment la contrainte réglementaire en levier de confiance et de performance durable.
Conclusion
Face à la montée des menaces et à la complexité croissante des environnements industriels, la cybersécurité est devenue un enjeu de continuité et de souveraineté.
Les organisations les plus résilientes sont celles qui l’intègrent au cœur de leur fonctionnement, de la gouvernance à l’opérationnel.
Chez House of ABY, nous travaillons chaque jour aux côtés des acteurs industriels, dans des secteurs sensibles comme le nucléaire, l’aéronautique, les Life Sciences ou encore la finance.
Nous concevons et développons des solutions qui répondent à leurs exigences de sûreté, de performance et de résilience.
Convaincus que la sécurité ne se résume pas à la technique, nous intégrons la compréhension des risques métiers et des contraintes sectorielles au cœur de nos projets.
Vos projets exigent sûreté, performance et confiance ?
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